Dayro

Carrasquilla Torres

À travers un ensemble d'allégories, l'artiste révèle le pessimisme qui marque notre époque ; un pessimisme global, égalitaire, qui restaure la bestialité de l'individu. Il en extrait une vérité, sa vérité, qu'il traduit par une pensée poétique afin de l'empêcher d'étouffer. Son imagerie puise dans les histoires inédites d'hommes et de femmes en marge de l'État de droit social ; l'existence - presque perdue - d'un peuple qui se sent libre mais confus.

Ofelia, Dayro Carrasquilla Torres - Quartier de Nelson Mandela, Carthagène des Indes, 2007

Photographie 240 x 160 cm

Ofelia est le parfait témoin de l'humanité présente dans le travail de Dayro C. Torres. Au regard de cette photographie, le spectateur pense observer une mise en scène. Il s'agit pourtant d'une scène réelle à laquelle l'artiste a assisté en 2007, dans son quartier natal "Nelson Mandela". L'image illustre la fracture entre les plages touristiques de Carthagène et le quotidien des marginalisés des bidon-villes périphériques, mais également l'abandon et la déshumanisation, la stigmatisation, dont sont victimes les habitants de son quartier. "Ofelia" est le prénom qu'il a donné à cette inconnue, en citation de la tragédie Hamlet de Shakespeare. Il ne diffusera cette photographie qu'à partir de 2013.

Publié le 12/05/2020

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À travers un ensemble d'images desquelles émergent des perceptions inédites, Carrasquilla écrit une histoire qui montre comment les hommes et les femmes survivent à Mandela. Avec ses métaphores, il donne à sa communauté d'autres stratégies pour configurer de nouveaux espaces de paroles, de jeu, égalitaires et inclusifs.

Barrio Abajo, Dayro Carrasquilla Torres, 2008

Vidéo et installation

Assistant de production :

Christian Howard H.

Résultat d'une intervention dans l'espace public, Barrio Abajo se compose d'une vidéo-projection et d'une installation : l'artiste a filmé cette scène durant l'une des nombreuses inondations du quartier "Nelson Mandela". Face à la projection le spectateur découvre un espace interactif qui l'amène à marcher sur le même sol que les habitants du quartier (à l'aide de palettes montées sur ressorts). L'installation devient la métaphore de l'instabilité de ces territoires mais également de cet état d'esprit permanent de résistance, tant au-devant des éléments que des injustices sociales.  

Exposition Terres de Résistance de Dayro Carrasquilla Torres 

Curation Laurent Chiffoleau - Laboratoire Bx (Bordeaux), 2017

Journal Sud-Ouest (Bordeaux)

Ma production artistique est le résultat de l'analyse du contexte auquel j'appartiens. J'ai recours à des processus à caractère ethnographiques pour comprendre les façons d'être et de se situer, qui existent à la périphérie de la non-planification urbaine ; la manière dont on construit, dont on se reconstruit, et par lesquelles nous restons en contact avec le reste de la cité." - Dayro Carrasquilla Torres a choisi de nommer son exposition Terres de Résistance, car son travail va au-delà des arts plastiques. Depuis plusieurs années, Dayro supervise la reconstruction des habitations du bidon-ville de "Nelson Mandela", démolissant les cabanes en tôle et palettes afin qu'elle laisse place, progressivement, à des logements durables.

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